Il n'y a pas de doute que les Québécois trouvent la grande majorité de leurs racines généalogiques en France. Cependant, je n'ai découvert que récemment qu'un tiers d'entre nous a aussi du sang irlandais. Quand je pensais 'irlandais', je pensais à 'anglophone' et à 'McQuelque-chose'. Mais non, il y a des Irlandais catholiques et ce sont ces derniers qui se sont intégrés aux Québécois jusqu'à perdre leur langue et perdre le 'Mc' qui les caractérisent. Ils parlent donc français et s'appellent Gauthier, Dion, Bourque... Ils sont entre autres La Bolduc, Émile Nelligan, Marguerite d'Youville et Louis Riel (Canadian Irish Studies Foundation).
Je connaissais aussi la grande famine de 1840 sans savoir qu'une fosse commune de 6 milles irlandais côtoie le pont Victoria à Montréal (Montréal en quartiers). Sans savoir non plus le nombre de drames survenus à la suite de leur embarquement sur des navire-cercueils vers le Canada et les États-Unis pour échapper à la famine. Un de ces drames est l'histoire du navire Hannah qui a coulé près des côtes terre-neuviennes en 1849. L'histoire est raconté par le brillant réalisateur montréalais Brian McKenna dans son film présenté sur CBC 'Famine and Shipwreck, an Irish Odyssey'.
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29.5.11
31.5.09
Une déprime d'hiver
Voilà qu'en ce jour de tempête, il ne lui restait plus qu'à écrire. Elle devait laisser les mots filer sans trop penser. L'intérieur de l'appartement était calme, le givre couvrait les anciennes fenêtres et la coupait de l'activité extérieure. Midi approchait et la journée s'annonçait interminable. Le bruissement du réfrigérateur lui rappelait son ennui. Pas question d'ouvrir la télévision; il n'y passe que des émissions inintéressantes. Les nouvelles: elle les lirait plutôt que les écouter. Une marche l'avait désennuyée. La température était toujours plus douce lorsque des flocons parsemaient le ciel, les arbres et le sol. La neige crépitait sous ses bottes. Le vent l'agaçait un peu, mais la fraîcheur de l'air compensait.
Il y a longtemps déjà qu'elle voulait écrire, mais la paresse l'avait contrainte sans cesse à repousser ce moment. Son envie d'écrire reposait tout particulièrement sur sa vision de la vie. Pour elle, elle était précieuse, car courte. Ce qui la déroutait au plus au point c'était son obsession sur le pouvoir qu'a l'Homme de faire ce qu'il désire de sa vie. Comment certaines gens pouvaient accepter sans pleurer ou se révolter l'arrivée de la mort sans avoir vécu des épisodes hors du commun et sans avoir poussé leurs projets les plus farfelus jusqu'au bout. Car ce qui était pour elle le plus effrayant de la vie c'est comment on est maître d'en faire ce que l'on veut. Si une chose le dérangeait également par dessus tout c'était le temps perdu puisque la vie nous échappe si vite... Si elle croyait en la réincarnation ou, mieux encore, à une vie après la mort, son obsession du temps s'affaiblirait sûrement. Et pourquoi lui avoir répété mille fois qu'elle complétait sa neuvième vie? Heureusement, son obsession de tout faire devrait être satisfaite en partie, car à son époque, l'espérance de vie élevée permettait de réaliser bien des rêves. Il n'en avait pas toujours été le cas: il y avait seulement deux siècles, les gens vivaient environ trente ans.
24.12.08
Dégustation du granola et du bois
Les livres
Je suis assise à la table de la salle à manger de cette maison dont j’avais oublié l'atmosphère. Elle est plus que centenaire : elle a été construite en 1880. Elle est tout de bois, les planchers sont penchés, les escaliers étroits, les contours des fenêtres massifs et les portes invitantes. Les livres sont omniprésents. Ils semblent parfois désordonnés, mais ils sont rangés religieusement par ordre alphabétique et par thèmes. "J’aimerais vraiment relire Le Facteur!", je dis à ma tante Andrée. Elle retrouve mon exemplaire égaré au creux de sa bibliothèque dans sa chambre à coucher, car les bibliothèques couvrent les murs du salon, des deux bureaux et des trois chambres. Mon oncle René lui avait proposé ce livre et bien d’autres, car il ne savait pas quoi en faire. Il faut dire que René a aussi des milliers de livres et les espaces de sa maison sont complètement comblés. Moi, par contre, j'ai besoin de ce livre, ce livre qui berce. Les mots d'Antonio Skarmeta sont pesés pour ressentir la détente et le bien-être de la mer. J’ai enfin retrouvé ce livre enivrant.
Les marrons
Je plonge ma main droite dans un panier tressé bourré de marrons. J'adore serrer les marrons, les lâcher et choisir une autre poignée : ils sont lisses et brillants, et ressemblent aux macarrons de chocolat noir. Nous sortons de la maison et, du balcon, Andrée me montre le maronnier. Je récupère quelques marrons tombés au sol pour les apporter chez moi.
L'atmosphère
Une roche calcaire est pétrifié sur le sol du salon, derrière le double sapin de lumières chamarrées. Andrée m'explique que de la roche calcaire, s'extraie la craie et le plâtre. Dans la salle de bain longue et étroite, une souche désséchée d’un chêne repose tout au fond. Le bain antique, lui, est sur ses pattes. Au sous-sol, des bûches crépitent, léchées par les flammes au creux du foyer de briques. Malgré le feu, l'air de la maison est frais, mais je m'enveloppe de plusieurs chandails. Dehors, la pluie l'emporte sur la neige qui a même disparu à certains endroits. L'actualité ressasse sans cesse le malheur des changements climatiques: j'ai l'impression d'assister à une fonte de glaciers miniaturisée.
Je suis assise à la table de la salle à manger de cette maison dont j’avais oublié l'atmosphère. Elle est plus que centenaire : elle a été construite en 1880. Elle est tout de bois, les planchers sont penchés, les escaliers étroits, les contours des fenêtres massifs et les portes invitantes. Les livres sont omniprésents. Ils semblent parfois désordonnés, mais ils sont rangés religieusement par ordre alphabétique et par thèmes. "J’aimerais vraiment relire Le Facteur!", je dis à ma tante Andrée. Elle retrouve mon exemplaire égaré au creux de sa bibliothèque dans sa chambre à coucher, car les bibliothèques couvrent les murs du salon, des deux bureaux et des trois chambres. Mon oncle René lui avait proposé ce livre et bien d’autres, car il ne savait pas quoi en faire. Il faut dire que René a aussi des milliers de livres et les espaces de sa maison sont complètement comblés. Moi, par contre, j'ai besoin de ce livre, ce livre qui berce. Les mots d'Antonio Skarmeta sont pesés pour ressentir la détente et le bien-être de la mer. J’ai enfin retrouvé ce livre enivrant.
Les marrons
Je plonge ma main droite dans un panier tressé bourré de marrons. J'adore serrer les marrons, les lâcher et choisir une autre poignée : ils sont lisses et brillants, et ressemblent aux macarrons de chocolat noir. Nous sortons de la maison et, du balcon, Andrée me montre le maronnier. Je récupère quelques marrons tombés au sol pour les apporter chez moi.
L'atmosphère
Une roche calcaire est pétrifié sur le sol du salon, derrière le double sapin de lumières chamarrées. Andrée m'explique que de la roche calcaire, s'extraie la craie et le plâtre. Dans la salle de bain longue et étroite, une souche désséchée d’un chêne repose tout au fond. Le bain antique, lui, est sur ses pattes. Au sous-sol, des bûches crépitent, léchées par les flammes au creux du foyer de briques. Malgré le feu, l'air de la maison est frais, mais je m'enveloppe de plusieurs chandails. Dehors, la pluie l'emporte sur la neige qui a même disparu à certains endroits. L'actualité ressasse sans cesse le malheur des changements climatiques: j'ai l'impression d'assister à une fonte de glaciers miniaturisée.
4.12.08
Les Canadiens sont-ils individualistes?
Les Canadiens sont-ils individualistes? En d'autres mots, est-ce que les Canadiens, pour ne nommer qu'eux, sont-ils plus centrés sur leurs propres intérêts et nécessités que ceux de leur famille et amis? Sommes-nous mieux ou pire que d'autres sociétés ou cultures?
La famille
Au Canada, presque tous les jeunes quittent le nid familial au moment d'entrer à l'Université. Les conditions salariales favorables du pays favorisent les jeunes à trouver un emploi tout en faisant leurs études et payer le coût de leur logement. Premier pas hors de la famille... Dans les pays plus défavorisés, les enfants demeurent habituellement chez leurs parents jusqu'au moment du mariage. Mon impression est que cette unité est créée par la tradition, mais surtout par les conditions économiques qui ne permettent aux jeunes de louer leur propre appartement.
Contrairement à d'autres cultures et je me réfère surtout ici à la culture asiatique, les Canadiens respectent peu leurs aînés. La Chine pratique le culte des ancêtres, le Japon vénère les menthors. J'ai l'image grise de ces personnes âgées au Canada qui sont envoyés dans des centres de santé où ils reçoivent la rare visite de leurs enfants et petits-enfants. Pourquoi néglige-t-on aussi facilement nos parents? N'y a-t-il rien de plus précieux que les liens familiaux prenant leurs sources à la naissance?
La société
À l'opposé, j'ai l'impression que sur le plan sociétal, les pays économiquement développées sont beaucoup plus unies et moins individualistes. Ce que je crois est qu'étant une société plus égalitaire, les gens sont moins envieux entre eux que dans les pays où les classes sociales sont fortement marquées. En plus, étant des pays habituellement plus sécuritaire, il n'existe pas cette crainte, cette méfiance que l'on peut retrouver dans les pays plus pauvres où les vols et les fraudes sont plus communs.
J'ai deux anecdotes pour appuyer ce que je viens d'avancer. Je me souviens qu'adolescente, en 1996, il y a eu dans une région du Québec appelée Saguenay-Lac-Saint-Jean (Canada) un déluge important qui avait causé la mort d'une dizaine de personnes et causé plus d'un milliard de dommages. Par diverses campagnes, ce sont plus de 20 millions de dollars qui avaient été amassés avec la participation de tous les Canadiens. Je me souviens qu'une de mes tantes avaient décidé d'envoyer tous les meubles de son appart aux sinistrés et de se meubler à nouveau.
Avant de me rendre en Haiti en 2001, j'avais toujours pensé que les gens des pays pauvres étaient plus solidaires entre eux. Cependant, lorsque j'ai fait la route sinueuse dans un tap tap de Port-au-Prince à Jacmel, au sud d'Haiti, j'ai remarqué qu'un autobus qui avait perdu la route s'était retrouvé au fond d'un cap. Une fois, à Jacmel, un collègue haitien m'a raconté cet accident et j'ai donc appris que les Haitiens qui avaient été témoins de l'accident n'étaient pas venus en aide aux blessés. Non. Ils avaient plutôt voler tout ce qui pouvait se voler: l'essence, les pneus, les miroirs. Cette histoire m'a toujours bouleversée.
3.11.07
Le Québec contribue à la renaissance de la francophonie
La promotion du français en Amérique du Nord
D’abord, en 1967, à la suite de la création du ministère des Affaires intergouvernementales, le Québec avait négocié la création de commissions d’échanges culturels avec les États de la Nouvelle-Angleterre. En octobre 1981, le gouvernement péquiste de René Lévesque avait mis sur pied le Secrétariat permanent des peuples francophones, dont plusieurs activités étaient consacrées à la Nouvelle-Angleterre, mais qui a pris fin en 1992. Le ministère des Relations internationales du Québec a entretenu des relations - surtout dans les domaines de l'éducation et de la culture - avec l'ensemble des Franco-Américains et principalement avec la communauté du Nord-Est composée surtout d'émigrants québécois qui conservent eux-mêmes, souvent encore, des liens familiaux avec le Québec. Enfin, le gouvernement de Jean Charest a annoncé la création du Centre de la francophonie des Amériques en 2006 qui sera situé dans la ville de Québec.
Le commerce
À la suite d’un léger essoufflement du français en Amérique du Nord, causée notamment par sa perte de popularité au profit de l’espagnol, la langue française rayonne dorénavant aux États-Unis. Un rayonnement expliqué par deux facteurs: la mise en place de nouveaux espaces commerciaux supranationaux - ALENA - et l’essor d’un nombre important d’entreprises québécoises, dont Bombardier, Van-Houtte, Louis Garneau, Jean Coutu et Quebecor. Ainsi, la mondialisation a eu un effet inattendu: les anglophones unilingues souffrent maintenant de leur handicap linguistique, car la langue du client demeure la meilleure langue des affaires.

La culture et la langue
La promotion du français passe par l'information sur la francophonie. Cette information peut être diffusée par les médias: par l’introduction d’une chaîne d’information franco-américaine et non française et par la formation d'une chaîne d'information sur la francophonie internationale.
La promotion du français passe aussi par la création de symboles d’appartenance: des Jeux, des camps de vacances francophones, une distribution rapide et fréquente de journaux francophones et non français, tel le journal Fracas et le Bulletin Le français de l’Agence universitaire de la Francophonie - AUF -, des expositions d’arts francophones et des festivals francophones, tels le festival des Francofolies de Montréal et le festival international de Louisiane à Lafayette. Un autre symbole d'appartenance est la création en 1997 du dictionnaire universel francophone, réunissant les régionalismes des pays de la francophonie, publié par Hachette, mais malheureusement jamais réédité.
L'auteur Matthew Fraser présente les produits Hollywoodiens comme la puissance douce américaine. Dans son livre publié en 2004 "Les armes de distraction massive ou l’impérialisme culturel américain" - Hurtubise -, l'auteur montre que la survie et la diffusion d’une langue passe par la capacité d’une industrie du spectacle.
L’éducation
La francophonie a désormais une importante existence hors de la France. Le français n'appartient plus à la France. De plus en plus d’étudiants étrangers préfèrent étudier en français au Québec, en Amérique du Nord. Les réseaux académiques au Québec et aux États-Unis contribuent à l’enseignement de la francophonie et à l’histoire du français en Amérique: l'AUF basée à Montréal, les programmes gouvernementaux tel que le Québec Studies Program - QSP -, le volet international d’échanges étudiants de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec - CREPUQ.
Le Président de l'Organisation internationale de la Francophonie et du Burkina Faso, Blaise Compaoré, avait proposé un visa et un passeport francophone - à l'image du Commonwealth britannique - pour faciliter les déplacements des étudiants, des chercheurs et des entrepreneurs, mais il y a peu de chance de mettre en oeuvre cette proposition par la résistance des francophones du Nord.
L'immigration
Le ministère de l'Immigration et Communautés culturelles du Québec sélectionne plus de 40 000 futurs immigrants annuellement dans des territoires francophones - France, Maghreb, l'Afrique subsahariéenne, le Liban - mais également dans plusieurs pays francophiles. La connaissance du français est le deuxième critère en importance de la grille de sélection des travailleurs qualifiés, modifiée depuis le 16 octobre 2006. Pour un requérant célibataire, le français peut octroyer jusqu'à 16 points sur 59 points - la sélection des immigrants est déterminée par un système de pointage. Dans le cas d'un couple, 22 points sur 68 sont réservés au critère du français.
Le Québec exerce un attrait sur plusieurs francophiles souhaitant émigrer. Notamment, son économie florissante, sa qualité de vie et sa politique d'immigration encouragent les futurs candidats à l'immigration à acquérir des connaissances du français pour assurer leur sélection.
En conclusion, le Québec ne doit pas penser le français comme « sa » langue et ni comme celle de la France, mais comme celle d’une communauté internationale et se donner les moyens de rendre cette communauté désirable par la valorisation de son histoire, sa littérature et sa musique.
Je termine en soulignant la publication du livre "La Grande Aventure de la langue française" - version du livre "The Story of French" - par les écrivains et journalistes Jean-Benoît Nadeau et Julie Barlow. Il s’agit du premier livre racontant l’histoire du français par des francophones natifs de l’extérieur de la France.
- Photo : Frédéric Tremblay, Montréal (Canada), 2006 -
D’abord, en 1967, à la suite de la création du ministère des Affaires intergouvernementales, le Québec avait négocié la création de commissions d’échanges culturels avec les États de la Nouvelle-Angleterre. En octobre 1981, le gouvernement péquiste de René Lévesque avait mis sur pied le Secrétariat permanent des peuples francophones, dont plusieurs activités étaient consacrées à la Nouvelle-Angleterre, mais qui a pris fin en 1992. Le ministère des Relations internationales du Québec a entretenu des relations - surtout dans les domaines de l'éducation et de la culture - avec l'ensemble des Franco-Américains et principalement avec la communauté du Nord-Est composée surtout d'émigrants québécois qui conservent eux-mêmes, souvent encore, des liens familiaux avec le Québec. Enfin, le gouvernement de Jean Charest a annoncé la création du Centre de la francophonie des Amériques en 2006 qui sera situé dans la ville de Québec.
Le commerce
À la suite d’un léger essoufflement du français en Amérique du Nord, causée notamment par sa perte de popularité au profit de l’espagnol, la langue française rayonne dorénavant aux États-Unis. Un rayonnement expliqué par deux facteurs: la mise en place de nouveaux espaces commerciaux supranationaux - ALENA - et l’essor d’un nombre important d’entreprises québécoises, dont Bombardier, Van-Houtte, Louis Garneau, Jean Coutu et Quebecor. Ainsi, la mondialisation a eu un effet inattendu: les anglophones unilingues souffrent maintenant de leur handicap linguistique, car la langue du client demeure la meilleure langue des affaires.
La culture et la langue
La promotion du français passe par l'information sur la francophonie. Cette information peut être diffusée par les médias: par l’introduction d’une chaîne d’information franco-américaine et non française et par la formation d'une chaîne d'information sur la francophonie internationale.
La promotion du français passe aussi par la création de symboles d’appartenance: des Jeux, des camps de vacances francophones, une distribution rapide et fréquente de journaux francophones et non français, tel le journal Fracas et le Bulletin Le français de l’Agence universitaire de la Francophonie - AUF -, des expositions d’arts francophones et des festivals francophones, tels le festival des Francofolies de Montréal et le festival international de Louisiane à Lafayette. Un autre symbole d'appartenance est la création en 1997 du dictionnaire universel francophone, réunissant les régionalismes des pays de la francophonie, publié par Hachette, mais malheureusement jamais réédité.
L'auteur Matthew Fraser présente les produits Hollywoodiens comme la puissance douce américaine. Dans son livre publié en 2004 "Les armes de distraction massive ou l’impérialisme culturel américain" - Hurtubise -, l'auteur montre que la survie et la diffusion d’une langue passe par la capacité d’une industrie du spectacle.
L’éducation
La francophonie a désormais une importante existence hors de la France. Le français n'appartient plus à la France. De plus en plus d’étudiants étrangers préfèrent étudier en français au Québec, en Amérique du Nord. Les réseaux académiques au Québec et aux États-Unis contribuent à l’enseignement de la francophonie et à l’histoire du français en Amérique: l'AUF basée à Montréal, les programmes gouvernementaux tel que le Québec Studies Program - QSP -, le volet international d’échanges étudiants de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec - CREPUQ.
Le Président de l'Organisation internationale de la Francophonie et du Burkina Faso, Blaise Compaoré, avait proposé un visa et un passeport francophone - à l'image du Commonwealth britannique - pour faciliter les déplacements des étudiants, des chercheurs et des entrepreneurs, mais il y a peu de chance de mettre en oeuvre cette proposition par la résistance des francophones du Nord.
L'immigration
Le ministère de l'Immigration et Communautés culturelles du Québec sélectionne plus de 40 000 futurs immigrants annuellement dans des territoires francophones - France, Maghreb, l'Afrique subsahariéenne, le Liban - mais également dans plusieurs pays francophiles. La connaissance du français est le deuxième critère en importance de la grille de sélection des travailleurs qualifiés, modifiée depuis le 16 octobre 2006. Pour un requérant célibataire, le français peut octroyer jusqu'à 16 points sur 59 points - la sélection des immigrants est déterminée par un système de pointage. Dans le cas d'un couple, 22 points sur 68 sont réservés au critère du français.
Le Québec exerce un attrait sur plusieurs francophiles souhaitant émigrer. Notamment, son économie florissante, sa qualité de vie et sa politique d'immigration encouragent les futurs candidats à l'immigration à acquérir des connaissances du français pour assurer leur sélection.
En conclusion, le Québec ne doit pas penser le français comme « sa » langue et ni comme celle de la France, mais comme celle d’une communauté internationale et se donner les moyens de rendre cette communauté désirable par la valorisation de son histoire, sa littérature et sa musique.
Je termine en soulignant la publication du livre "La Grande Aventure de la langue française" - version du livre "The Story of French" - par les écrivains et journalistes Jean-Benoît Nadeau et Julie Barlow. Il s’agit du premier livre racontant l’histoire du français par des francophones natifs de l’extérieur de la France.
- Photo : Frédéric Tremblay, Montréal (Canada), 2006 -
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