30.3.09

Abidjan est doux




De ma fenêtre de cuisine, la lagune ébrié et le palais de la culture de Treichville me font face. Franck-Olivier Kodio, Franco, me pointe, à droite, au sud et vers l'Océan Atlantique, le Port Autonome d'Abidjan. Je suis en Afrique, au règne des baobabs et des fromagers.



Avec Franco, Guéré et Agni, j'ai eu beaucoup de converses sur le pays, sur l'Afrique, les Africains, en me marrant chaque fois de ses expressions ivoiriennes trop charmantes en commençant par la salutation habituelle "On di koi?"...


Vous avez les crocs, vous avez la dalle, vous aimez manger le kédjénou ou le machoiron? Le machoiron... Un collègue en a été malade. Vous le pigez à la lagune ce poisson ou quoi, mes frères? Elle ne sent pas bon votre lagune, elle sent de la terrasse du restaurant où nous mangeons dans le quartier du Blokos. Ce poisson, il a eu chaud avant d'arriver dans l'assiette comme un Ivoirien qui danse le coupé-collé, le coupé-décallé, dans zone 4.



Sur le pont du Général de Gaulle, gare à vous! Les policiers vous garent pour mieux vous soutirer quelques CFA. Ils vous pointent de leurs lampes de poche sur ce pont mal éclairé. Mitraillettes au point, écussons sur la chemise: "Pièce d'identité! Tu as brûlé le feu rouge." Pas possible. Avec la plaque d'immatriculation diplomatique, on s'en lave les mains en faisant un salut cordial et en freinant légèrement avant de continuer notre route cahoteuse. Mais les taxis, eux, ils y goûtent. Sur le pare-choc de leur caisse, il est écrit "Dieu est fort", "Dieu merci", "Dieu est tout puissant"... Que Dieu les bénissent! Ils en auront besoin… J'ai rigolé quelques fois de ces phrases : c'est exotique, c'est catholique, mais je me suis clouée le bec quand j'ai constaté que des gens que je respecte n'y voyaient rien de rigolo. Dieu est vraiment au-dessus de tout, de tous?… Et plus la vie avance et que les aventures semblent prédestinées, plus j’ai envie d’y croire…