J’écoute beaucoup Christiane Charrette. Lorsqu’elle a commencé son émission, j’étais réticente mais c’est que je devais regretter Marie-France Bazzo. Je me suis ennuyée, au début. Ensuite, Bazzo a continué à la télé, mais je ne l’ai pas suivi. Ma seule routine télévisuelle est celle de CBC à 22h00 quand je suis à Montréal et Radio-Can à l’étranger lorsque le TJ est diffusé à une heure avant ou après le travail. J’aime bien aussi les nouvelles de 19h00 de Noticias Caracol en Colombie et le journal belge à 6h00 au Mexique. J’étais au Mexique en octobre 2007 et j’ai assisté au journal télévisé qui annonçait le décompte des 185 jours sans gouvernement en Belgique. La langue est source de nationalisme. Je me souviens qu’un Belge francophone avait osé s’exprimer en français à une rencontre communale néerlandophone et avait choqué l’audience.
La présence accrues des immigrants éveille la crainte des Québécois de la perte ou du recul de la langue française en Amérique du Nord. Un anglophone qui parle sans embûches français demeure un anglophone avec accent. Pour dire qu’il n’est pas francophone car sa langue maternelle est l’anglais? N’est-il pas moins Québécois de souche? Et des 12-13% de Québécois qui ne se considèrent pas en tant que francophones, combien ne maîtrisent pas du tout le français? Le nationalisme n’entraîne-t-il pas la xénophobie? Sommes-nous vraiment xénophobes – comme l’avait écrit cette journaliste dont on a rayé le nom aussitôt son édito publié – à la suite de la tuerie de Dawson? Est-ce que la crainte de perdre notre identité nationale a créé des monstres enfermés dans leurs placards? Pourquoi un écart aussi grand entre Montréal et les « régions »? Difficile à comprendre ce manque d’ouverture aux étrangers. Le cas d’Hérouxville a fait les manchettes internationales et est une honte nationale. Une certitude est que, en effet, la publicité de leur code de vie leur évitera de devoir composer avec la venue de futurs immigrants, surtout d’origine musulmane.
Bien sûr, c’est offusquant de voir des femmes voilées à Montréal : pour plusieurs, c’est un symbole religieux dans notre province majoritairement laïque. Pourtant, beaucoup de femmes éduquées choisissent de porter le hidjab et ne comprennent pas que nous nous insurgions contre ce symbole qui ne serait pas celui de la soumission. Les femmes le porteraient en fait par pression sociale émanant des autres femmes qui les jugent et par volonté de suivre la mode. Certaines le portent réellement en signe de piété. Les émissions télévisuelles des pays du Golfe alimentent la mode des femmes voilées et très maquillées – ce qui est une contradiction en soit. Elles portent aussi le voile par pression sociales des hommes qui les préfèrent voilées pour la chasteté qu’il projète. « Dans les premiers temps de l’islam (…) le voile et les vêtements étaient des signes distincts entre les femmes nobles (…) et les prostituées. » - p. 102, Comprendre l’Islam, Quentin Ludwig, Eyrolles, 2003.
Pour moi, la religion, peu importe laquelle, est une esclavitude intellectuelle. La foi est belle. La dictature intellectuelle ne nourrit pas la foi. Je préférerais apprendre que les pays musulmans sont plus pratiquants par honnêteté historique que par répression. De Mohamed VI au Maroc à Mahmoud Ahmadinejeb en Iran – seul pays chiite depuis 1501 avec le mouvement de l’islamisme duodécimain, plutôt que le sunnisme plus connu -, tous sont répressifs. Cette double fonction a toujours été à la fois une chance pour le pouvoir et une malédiction pour les peuples. C’est « Mustapha Kémal – Atatürk, en Turquie – qui, le premier, supprimant le califat et créant un État musulman laïc instaura une réelle division entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel. Plusieurs penseurs modernes essayent aujourd’hui d’apporter une solution doctrinale à ce problème sans que leurs solutions soient acceptées par les partisans d’un retour aux sources de l’islam. » - p. 51.
Le fabuleux film animé Persépolis de Marjane Saprani montre la répression iranienne. Dès la révolution islamique de 1979, les femmes enfilent de grands voiles noirs, le niqab. Ce film, nommé aux Oscars à la catégorie du meilleur film étranger fait rire, mais aurait pu faire pleurer n’importe quelle personne un peu sensible au sort de millions de personnes qui doivent fuir leur pays à la recherche d’un minimum de bien-être et de sérénité humaine. On rit plutôt que l’on pleure parce que ce sont de chouettes dessins qui contribuent à dénaturaliser le drame. Et puis, l’humour est formidable et les commentaires ultra mignons.
Consulter la lettre ouverte à une femme voilée par Foued Zaouche publiée dans le magazine tunisien Réalités:
http://www.realites.com.tn/index1.php?mag=1&cat=/1110CHRONIQUES/6En%20toute%20liberté&art=19176&a=detail1
Ce texte a été publié la première fois en 2007
28.3.08
25.3.08
"La graine et le mulet" :: réalités des Tunisiens en France
J'ai visionné dans un ciné de répertoire tunisien le film "La graine et le mulet". Consacré aux Césars à quatre reprises, le film du franco-tunisien Abdellatif Kechiche est tourné presque en temps réel dans des scènes quotidiennes tout aussi réelles d'une famille tunisienne immigrée en France, à Sète près de Montpellier. Le film dure deux heures trente composé de dialogues naturels, de longs échanges et de prises de caméra très serrées sur les personnages sans fard. On y voit presque grossièrement les perles de sueur des personnages, leurs rougeurs sur leur peau jusqu'aux plombages brillants qui se dévoilent dans une scène de repas familial où ils se gavent de couscous en échangeant et mangeant la bouche ouverte.
L'histoire est celle d'un licencié d'un chantier naval, Slihmane Beiji, qui cherche une source de revenue supplémentaire pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants. À l'aide de Rym, la fille de sa nouvelle petite amie et gagnante du prix de la meilleure jeune actrice au 64e Mostra de Venise, Slihmane veut ouvrir un restaurant de spécialités tunisiennes sur un vieux bateau dans le port.
Le film montre les difficultés des Tunisiens à s'intégrer à leur société d'accueil : en France depuis une trentaine d'années, ils sont venus comme ouvriers, comme cheap labor, travailler à partir de l'indépendance de leur pays en 1956. "Vous ne serez rien! Seulement bon à peindre et à cogner des clous!", semblaient leur crier les Français. Les misères qui accablent Slihmane et sa famille sont exténuantes! Les embûches sont créés par le pessimisme des amis, l'infidélité du fils, le divorce du protagoniste. Un film qui présente aux spectateurs le quotidien sans flafla des Tunisiens immigrés en France.
Site officiel du film:
http://www.lagraineetlemulet-lefilm.com/
L'histoire est celle d'un licencié d'un chantier naval, Slihmane Beiji, qui cherche une source de revenue supplémentaire pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants. À l'aide de Rym, la fille de sa nouvelle petite amie et gagnante du prix de la meilleure jeune actrice au 64e Mostra de Venise, Slihmane veut ouvrir un restaurant de spécialités tunisiennes sur un vieux bateau dans le port.
Le film montre les difficultés des Tunisiens à s'intégrer à leur société d'accueil : en France depuis une trentaine d'années, ils sont venus comme ouvriers, comme cheap labor, travailler à partir de l'indépendance de leur pays en 1956. "Vous ne serez rien! Seulement bon à peindre et à cogner des clous!", semblaient leur crier les Français. Les misères qui accablent Slihmane et sa famille sont exténuantes! Les embûches sont créés par le pessimisme des amis, l'infidélité du fils, le divorce du protagoniste. Un film qui présente aux spectateurs le quotidien sans flafla des Tunisiens immigrés en France.
Site officiel du film:
http://www.lagraineetlemulet-lefilm.com/
22.3.08
Causes de la confrontation entre l'Occident et l'Orient
L'islamisation s'est renforcée après la deuxième guerre du Golfe terminée en 1991 et elle s’est accélérée depuis le début de la guerre en Irak en mars 2003. Certains prétendent à une nouvelle croisade entre les religions catholique et islamique, entre l'Occident et l'Orient.
Selon la psychologue arabo-américaine Wafa Sultan interviewée sur la chaîne qatarie Al-Jazira le 21 février 2006, les confrontations actuelles entre les États-Unis, et leurs alliés, et les pays de confession musulmane ne sont pas causées par leurs croyances religieuses différentes. L'affrontement serait plutôt entre les promoteurs de la modernité et ceux qui souhaitent le retour aux traditions. "Le choc que nous voyons dans le monde n'est pas un choc des religions, ou un choc des civilisations. C'est un choc entre deux opposés, entre deux ères. C'est un choc entre une mentalité qui appartient aux temps médiévaux et une autre mentalité qui appartient au XXIe siècle. C'est un choc entre la civilisation et l'arriération (...) C'est un choc entre la liberté et l'oppression". Visionner l'interview:
Pour Jonathan Kay, chroniqueur au National Post, cité dans Le Devoir du 29 et du 30 décembre 2007, les confrontations ne sont pas nées du "désaccord sur la nature de Dieu mais sur la nature de l'homme. L'individualisme est devenu si fondamental dans la façon de voir de l'Occident que nous ne pouvons pas imaginer une autre manière de concevoir l'existence, écrit-il. En réalité, il y a des milliards de personnes sur terre, y compris la plupart des musulmans, qui considèrent bizarre cette obsession pour l'individualisme." Selon Jonathan Kay, la liberté individuelle n'est pas une valeur universelle. "Dans une grande partie de l'Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient, la personne est perçue avant tout comme une représentante de la famille, de la tribu, du clan ou de la secte, (expliquant) en grande partie des pratiques jugées "barbares" ailleurs, comme les crimes d'honneur".
Jonathan Kay admet "que la liberté et l'individualisme sont un développement récent de l'histoire humaine alors que le tribalisme est un instinct fortement enraciné." Le chroniqueur doute "que la religion musulmane et l'importance accordée à la soumission (favoriserait) la perpétuation (des) instincts tribaux". En fait, le problème n’est pas la religion musulmane, sinon que l’application de cette religion par un gouvernement autoritaire, freinant ainsi le développement des individus et la construction de leur raisonnement sensé favorisé par la liberté d’expression, de pensée et de croyance. En effet, la grande majorité des 57 pays musulmans faisant partie de l’Organisation de la conférence islamique ont un régime non démocratique. Les dirigeants sont issus de coup d’État, de la royauté ou encore de gouvernement élu souvent à la suite d’élections truquées.
Le Coran possède de nombreuses règles concernant la famille: sur l'héritage, le mariage et le divorce. L'application des lois tribales est cependant mal adaptée aux conditions du XXIe siècle. Comme la charia est une loi éternelle, comment peut-on concevoir "que les lois d'une minuscule société nomade du VIIe siècle puissent répondre à tous les cas de figure des sociétés du (XXIe siècle)"? - Quentin Ludwig, Comprendre l'Islam, Eyrolles, 2003, p. 52 - Enfin, si l'on reproche à l'Islam d'être ancré dans des sociétés machistes, c'est avant tout car cette religion applique les lois coutumières relatives à la femme.
Revue de presse de Manon Cornellier "Les autres et nous" dans Le Devoir du 29 et du 30 décembre 2007: http://www.ledevoir.com/2007/12/29/170212.html
21.3.08
Lutte contre le décalage horaire
Je n'ai pas assez dormi. Je suis fatiguée à cause du décalage horaire. J'ai hâte que mon cerveau s'arrête à l'heure de ce fuseau horaire et non six heures plus tard. À 6h00 du mat, il fait encore nuit, rendant encore plus difficile le réveil. Le jour commence vers 6h30. J'ai mis la cafetière sur le mauvais rond. Maintenant, la lumière est timide. Bon, je dois aller travailler. Ce soir, je devrai laisser l'internet pour me plonger dans un livre et faire des exercices avec mes poids de 5 livres que je trimballe dans ma valise. Ainsi, je gagnerai plus facilement le sommeil que les yeux rivés à l'écran cathodique jusqu'aux petites heures du mat et ce jusqu'à la dernière minute avant de m'envelopper dans les draps froids.
Bon, je dois me coucher tôt, car je n'aurai bientôt plus de contrôle sur mes émotions. Je suis à fleur de peau. Quelle fleur de peau? La fleur d'oranger de la Tunisie? Floraison de la fleur de rose en juillet au Québec? J'ai toujours préféré le lilas: je coupe des branches de lilas au ciseau en catimini sur les arbres des voisins, mais ne le dites pas! J'aime les miniatures fleurs des lilas. Les bourgeons des lilas éclosent au printemps, au mois de mai.
Les gens réagissent différemment en situation de fatigue. Selon leur personnalité, ils auront un comportement à tendance paranoïaque, agressif ou dépressif. Moi, j'ai un comportement dépressif. Pour me détendre, j'ai fait de la natation. Sur le dos. Le remède est peut-être par le dos. Et par l'eau. Par l'exercice.
Mon corps m'envoie des signes de fatigue: je fais de la tachycardie. Mon coeur palpite. Je le sens. Pourtant, mon seul effort est celui d'écrire. De promener mes doigts sur le clavier et de respirer. De cligner mes yeux. De changer la chanson sur mon ordi. Quoi d'autre? De me soutenir sur mon tabouret. De m'empêcher de basculer. De ne pas me morfondre. Putain! C'est la fatigue! Il est 21h00. Normalement, mes écrits devraient faire partie de mes "pages du matin", mais j'ai manqué de temps hier et avant-hier. Les "pages du matin" est un exercice trouvé dans un livre pour développer ma créativité. Quotidiennement, le matin, je dois écrire trois pages. Je n'ai pas le courage de me lever plus tôt que 6h00 pour écrire ces pages, car je ne m'endors pas avant 1h00 du mat.
Pour me détendre, je vais tricoter. À Montréal, j'ai fait un cours de tricot de deux heures pour me remémorer la technique des mailles à l'endroit et apprendre la technique des mailles à l'envers. Je me suis concentrée sur le montage des mailles et réappris à manipuler ce que j'ai nommées d'abord spontanément les aiguilles alors que ce sont des crochets.
Ma collègue a fait mes mailles de départ, car j'avais oublié. La fille aux paupières de fard bleu nuit et qui s'y connaissait en tricot au cours m'avait suggéré de visionner un vidéo de tricot sur YouTube si j'oubliais, mais la page de YouTube ne s'ouvre pas. Elle est peut-être censurée. Heureusement, ma collègue sait faire les mailles, alors c'est reparti maintenant: deux mailles à l'endroit et deux mailles à l'envers. Mon projet est de grande envergure: un foulard rectangulaire et unicolore. Je pratique la tension des mailles pour qu'elles soient uniformes en écoutant Miles Davis.
La musique résonne dans le loft. Les murs sont blancs. Je ne suis pas encore habituée à cette chambre. Je dors bien, mais je m'endors mal. J'ai pris un bain chaud pour donner de la chaleur à mon petit corps et, tout spécialement, à mes pieds. Tout le plancher est de céramique blanche et froide. Mes draps sont humides. Peut-on me dorloter? Me mettre la couverture sous les pieds? M'embobiner les jambes et me mettre deux oreillers de chaque côté? Me donner un bisou sur le front? "Buena noche enana!"
14.3.08
La Colombie :: le meilleur et le pire
Le Carnaval de Barranquilla : un mois de rumba reconnu par l’UNESCO. Le deuxième carnaval en importance après celui de Rio de Janeiro, au Brésil. Pendant deux mois, en janvier et février, les Colombiens font la fiesta et travaillent, exténués. D'autres en ont marre du bruit et de l’engorgement des rues, d’entendre et d’assister aux mêmes spectacles avec les mêmes invités et les mêmes défilés année après année. Ceux-ci quittent alors le capharnaüm pour la ville caraïbéenne de Santa Marta. Ceux qui restent non pas les revenus pour s’éclipser de la rumba ou sont encore charmés par les spectacles de Vallenato, une danse typiquement colombienne, de salsa et de merengue.
Des artistes latinos ultra connus participent : Sylvestre Dangond, Joe Arroyo, Tulile, Ivan Villazon, Sergio Vargas, le Gran Combo de Puerto Rico... Tous les spectacles s’étirent sur plus de douze heures. Entre autres, la fiesta de l'hôtel El Prado débute à 19h00 pour s'éteindre avec le levée du soleil à 6h00. Le Festival de Orquestas commence à midi et lorsque j’ai ouvert la télé à une chaîne locale tard le soir, les gens dansaient encore allègrement sur le parterre.
Les Colombiens enfilent des brochettes de viande cuites à l'asado - le barbecue -, les mélanges de maïs, de faux bacon, de sauce tomate, de fromage râpé et de mayo, les arepas de fromage ou de chicharron... Toute cette gastronomie d’estrade est ingurgitée avec du Scotch Old Parr, la Aguila et de l'eau, par nécessité.
Dans les estrades lors du défilé de la Batalla de Flores, nos voisins sont Nicolas de la France et Julie de la Colombie. Je m’appelle Julie et mon copain s’appelle Nicolas. Un drôle de hasard! En plus, je n'avais encore jamais rencontré de latinos qui s'appellent Julie avec la "e" et non la "a".
Le défilé commence vers 14h00, mais nous arrivons à midi. À l'entrée, les organisateurs distribuent des coupons pour se procurer gratuitement les asados, l'eau, les boissons gazeuses, la bière et une bouteille de Old Parr! Plus l'après-midi avance, plus les bouteilles se vident et les gens dans les estrades rigolent. Ils lancent la maizena - une sorte de farine - et aspergent les spectateurs de mousse. Devant nous, les gens paradent costumés et les reines de beauté se font trimbaler. Deux participants sont déguisés en Hugo Chavez et Piedad Cordoba, la sénatrice colombienne très impliquée auprès du président vénézuélien pour la libération des otages colombiens. Ils sont hués immédiatement par la foule. "Hijos de puta!" hurle la foule blasée des conneries du dirigeant du pays voisin.
La cote de popularité du président colombien Alvaro Uribe atteint des sommet : près de 80% d’appui. La grande majorité des Colombiens détestent Chavez. Il insulte leur président et, par le fait même leur pays, en lui disant qu'il n'est pas digne de gouverner la Colombie. Les Colombiens sont inquiets face aux menaces que laissent planer le président vénézuélien. On peut citer : ses dépenses exorbitantes en armements russes; son armée placée à la frontière de la Colombie à la suite de l'assassinat du numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie – FARC -, Raul Reyes, et d'une dizaine de guérilleros; ses discours sur la complicité entre la Colombie et les États-Unis pour envahir le Venezuela; sa proposition de reconnaître les FARC comme une organisation politique et les retirer de la liste des groupes terroristes...
Chavez n'est pas un homme politique: il est un général au pouvoir à la suite d'un coup d'État perpétré en 1999. Pas étonnant que ce dictateur belliqueux entretiennent des amitiés avec Mahmoud Ahmadinejab de l'Iran, Daniel Ortega du Nicaragua et Manuel Marulanda - alias Tirofijo -, le chef des FARC. N'aurait-il pas payé des millions de dollars pour obtenir la libération des otages Clara Rojas et Consuelo Gonzalez? N'aurait-il pas rencontré secrètement Tirofijo au Venezuela? N'offrirait-il pas aux FARC des bases au Venezuela? Son frère ne serait-il pas un narcotrafiquant? Et Hugo Chavez, d'idéologie gauchiste, ne possèderait-il pas des millions de dollars amassés notamment pas la nationalisation des industries pétrolières? Voici quelque unes des rumeurs ou idées qui circulent en Colombie à propos de Chavez.
Le conflit entre le gouvernement colombien et les FARC est la plaie, le mal, la peste qui gruge la Colombie. Les FARC hantent le quotidien des Colombiens. Tandis qu'au Canada, la Canadian Broadcasting Corporation - CBC - passe un topo de dix minutes sur les conséquences de la dernière tempête de neige de février, en Colombie, à Noticias Caracol, on diffuse des nouvelles beaucoup plus dramatiques. Aux manchettes, un bateau accosté à Carthagène qui cache des milliers de tonnes de cocaïne; deux valises égarées, remplies de coupures totalisant un million de dollars américains, retrouvées aux aéroports de Bogota et de Cali; le personnel de l'Agence des réfugiés des Nations Unies déployé à Nariño, département au sud-ouest de la Colombie à la frontière avec l'Équateur, qui ne peut pas venir en aide aux paysans d'un village encerclé et isolé par les mines antipersonnelles... Les exemples sont nombreux dans ce pays comptabilisant un nombre effarant de mines antipersonnelles et qui a la plus importante production de cocaïne au monde! Dans ce pays où Pablo Escobar, narcotrafiquant célèbre, a fait partie de la célèbre liste des hommes les plus riches de la planète du magazine Forbes... Comme quoi, le climat et les ressources naturelles des pays définissent leur économie et une partie de leurs politiques.
Des artistes latinos ultra connus participent : Sylvestre Dangond, Joe Arroyo, Tulile, Ivan Villazon, Sergio Vargas, le Gran Combo de Puerto Rico... Tous les spectacles s’étirent sur plus de douze heures. Entre autres, la fiesta de l'hôtel El Prado débute à 19h00 pour s'éteindre avec le levée du soleil à 6h00. Le Festival de Orquestas commence à midi et lorsque j’ai ouvert la télé à une chaîne locale tard le soir, les gens dansaient encore allègrement sur le parterre.
Les Colombiens enfilent des brochettes de viande cuites à l'asado - le barbecue -, les mélanges de maïs, de faux bacon, de sauce tomate, de fromage râpé et de mayo, les arepas de fromage ou de chicharron... Toute cette gastronomie d’estrade est ingurgitée avec du Scotch Old Parr, la Aguila et de l'eau, par nécessité.
Dans les estrades lors du défilé de la Batalla de Flores, nos voisins sont Nicolas de la France et Julie de la Colombie. Je m’appelle Julie et mon copain s’appelle Nicolas. Un drôle de hasard! En plus, je n'avais encore jamais rencontré de latinos qui s'appellent Julie avec la "e" et non la "a".
Le défilé commence vers 14h00, mais nous arrivons à midi. À l'entrée, les organisateurs distribuent des coupons pour se procurer gratuitement les asados, l'eau, les boissons gazeuses, la bière et une bouteille de Old Parr! Plus l'après-midi avance, plus les bouteilles se vident et les gens dans les estrades rigolent. Ils lancent la maizena - une sorte de farine - et aspergent les spectateurs de mousse. Devant nous, les gens paradent costumés et les reines de beauté se font trimbaler. Deux participants sont déguisés en Hugo Chavez et Piedad Cordoba, la sénatrice colombienne très impliquée auprès du président vénézuélien pour la libération des otages colombiens. Ils sont hués immédiatement par la foule. "Hijos de puta!" hurle la foule blasée des conneries du dirigeant du pays voisin.
La cote de popularité du président colombien Alvaro Uribe atteint des sommet : près de 80% d’appui. La grande majorité des Colombiens détestent Chavez. Il insulte leur président et, par le fait même leur pays, en lui disant qu'il n'est pas digne de gouverner la Colombie. Les Colombiens sont inquiets face aux menaces que laissent planer le président vénézuélien. On peut citer : ses dépenses exorbitantes en armements russes; son armée placée à la frontière de la Colombie à la suite de l'assassinat du numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie – FARC -, Raul Reyes, et d'une dizaine de guérilleros; ses discours sur la complicité entre la Colombie et les États-Unis pour envahir le Venezuela; sa proposition de reconnaître les FARC comme une organisation politique et les retirer de la liste des groupes terroristes...
Chavez n'est pas un homme politique: il est un général au pouvoir à la suite d'un coup d'État perpétré en 1999. Pas étonnant que ce dictateur belliqueux entretiennent des amitiés avec Mahmoud Ahmadinejab de l'Iran, Daniel Ortega du Nicaragua et Manuel Marulanda - alias Tirofijo -, le chef des FARC. N'aurait-il pas payé des millions de dollars pour obtenir la libération des otages Clara Rojas et Consuelo Gonzalez? N'aurait-il pas rencontré secrètement Tirofijo au Venezuela? N'offrirait-il pas aux FARC des bases au Venezuela? Son frère ne serait-il pas un narcotrafiquant? Et Hugo Chavez, d'idéologie gauchiste, ne possèderait-il pas des millions de dollars amassés notamment pas la nationalisation des industries pétrolières? Voici quelque unes des rumeurs ou idées qui circulent en Colombie à propos de Chavez.
Le conflit entre le gouvernement colombien et les FARC est la plaie, le mal, la peste qui gruge la Colombie. Les FARC hantent le quotidien des Colombiens. Tandis qu'au Canada, la Canadian Broadcasting Corporation - CBC - passe un topo de dix minutes sur les conséquences de la dernière tempête de neige de février, en Colombie, à Noticias Caracol, on diffuse des nouvelles beaucoup plus dramatiques. Aux manchettes, un bateau accosté à Carthagène qui cache des milliers de tonnes de cocaïne; deux valises égarées, remplies de coupures totalisant un million de dollars américains, retrouvées aux aéroports de Bogota et de Cali; le personnel de l'Agence des réfugiés des Nations Unies déployé à Nariño, département au sud-ouest de la Colombie à la frontière avec l'Équateur, qui ne peut pas venir en aide aux paysans d'un village encerclé et isolé par les mines antipersonnelles... Les exemples sont nombreux dans ce pays comptabilisant un nombre effarant de mines antipersonnelles et qui a la plus importante production de cocaïne au monde! Dans ce pays où Pablo Escobar, narcotrafiquant célèbre, a fait partie de la célèbre liste des hommes les plus riches de la planète du magazine Forbes... Comme quoi, le climat et les ressources naturelles des pays définissent leur économie et une partie de leurs politiques.
Un instant d'éternité à Carthagène
Nous sommes à Carthagène, une ville côtière de la Colombie chaleureuse et humide, où se déroule la rencontre de Florentino Ariza et Fermina Daza, les personnages principaux de « l’ Amour au temps du choléra » de Gabriel Garcia Marquez.
La partie historique de la ville, entourée d'un mur fortifié, est adorable : de nombreuses rues qui cheminent vers autant de places et d’églises. Partout, des couleurs resplendissantes se chevauchent. Les maisons bigarrées sont éclatantes dans l’atmosphère des Caraïbes. Des Carthaginoises portent un bol de fruits sur leur tête : un bol de fruits grand comme leurs seins. Elles ont au cou un collier de fleurs colorés tel un bouquet de mangues, de guabanabas, de lulos, de mûres et de mandarines. J'adore les disques de Café del Mar: à Carthagène, il y a un bar perché sur la forteresse qui porte ce nom. Le vent est puissant sur la côte : mes cheveux sont dingues et je surveille mon verre rempli de quelques gorgées d'aguardiente.
Ce soir, nous mangeons au restaurant du club de pêche, à côté de la marina. Pendant que nous attendons nos entrées, un bateau de style caraïbéen pose l’ancre au restaurant. Le bateau comprend des dizaines d’étrangers et un petit groupe de musique. Notre serveur a dit qu’ils sont du groupe FIAT Colombie. Leurs discours en anglais et en espagnol nous suggèrent plutôt qu’ils célèbrent un mariage. Nous avons le privilège de profiter du groupe de musique et de manger au son des succès latinos internationaux… « No hay dos sin tres… En tu habitacion… Nunca sale el sol… Ni existe el tiempo ni el dolor… ». Le vin est blanc et fruité.
La partie historique de la ville, entourée d'un mur fortifié, est adorable : de nombreuses rues qui cheminent vers autant de places et d’églises. Partout, des couleurs resplendissantes se chevauchent. Les maisons bigarrées sont éclatantes dans l’atmosphère des Caraïbes. Des Carthaginoises portent un bol de fruits sur leur tête : un bol de fruits grand comme leurs seins. Elles ont au cou un collier de fleurs colorés tel un bouquet de mangues, de guabanabas, de lulos, de mûres et de mandarines. J'adore les disques de Café del Mar: à Carthagène, il y a un bar perché sur la forteresse qui porte ce nom. Le vent est puissant sur la côte : mes cheveux sont dingues et je surveille mon verre rempli de quelques gorgées d'aguardiente.
Ce soir, nous mangeons au restaurant du club de pêche, à côté de la marina. Pendant que nous attendons nos entrées, un bateau de style caraïbéen pose l’ancre au restaurant. Le bateau comprend des dizaines d’étrangers et un petit groupe de musique. Notre serveur a dit qu’ils sont du groupe FIAT Colombie. Leurs discours en anglais et en espagnol nous suggèrent plutôt qu’ils célèbrent un mariage. Nous avons le privilège de profiter du groupe de musique et de manger au son des succès latinos internationaux… « No hay dos sin tres… En tu habitacion… Nunca sale el sol… Ni existe el tiempo ni el dolor… ». Le vin est blanc et fruité.
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