24.12.08

Dégustation du granola et du bois

Les livres


Je suis assise à la table de la salle à manger de cette maison dont j’avais oublié l'atmosphère. Elle est plus que centenaire : elle a été construite en 1880. Elle est tout de bois, les planchers sont penchés, les escaliers étroits, les contours des fenêtres massifs et les portes invitantes. Les livres sont omniprésents. Ils semblent parfois désordonnés, mais ils sont rangés religieusement par ordre alphabétique et par thèmes. "J’aimerais vraiment relire Le Facteur!", je dis à ma tante Andrée. Elle retrouve mon exemplaire égaré au creux de sa bibliothèque dans sa chambre à coucher, car les bibliothèques couvrent les murs du salon, des deux bureaux et des trois chambres. Mon oncle René lui avait proposé ce livre et bien d’autres, car il ne savait pas quoi en faire. Il faut dire que René a aussi des milliers de livres et les espaces de sa maison sont complètement comblés. Moi, par contre, j'ai besoin de ce livre, ce livre qui berce. Les mots d'Antonio Skarmeta sont pesés pour ressentir la détente et le bien-être de la mer. J’ai enfin retrouvé ce livre enivrant.


Les marrons


Je plonge ma main droite dans un panier tressé bourré de marrons. J'adore serrer les marrons, les lâcher et choisir une autre poignée : ils sont lisses et brillants, et ressemblent aux macarrons de chocolat noir. Nous sortons de la maison et, du balcon, Andrée me montre le maronnier. Je récupère quelques marrons tombés au sol pour les apporter chez moi.


L'atmosphère


Une roche calcaire est pétrifié sur le sol du salon, derrière le double sapin de lumières chamarrées. Andrée m'explique que de la roche calcaire, s'extraie la craie et le plâtre. Dans la salle de bain longue et étroite, une souche désséchée d’un chêne repose tout au fond. Le bain antique, lui, est sur ses pattes. Au sous-sol, des bûches crépitent, léchées par les flammes au creux du foyer de briques. Malgré le feu, l'air de la maison est frais, mais je m'enveloppe de plusieurs chandails. Dehors, la pluie l'emporte sur la neige qui a même disparu à certains endroits. L'actualité ressasse sans cesse le malheur des changements climatiques: j'ai l'impression d'assister à une fonte de glaciers miniaturisée.

23.12.08

To eat, a moment to share

The act to eating with others is a sociable time, a part of the day to enjoy flavours, and that’s why I love to serve my guests in a royal way. I appreciate fancy foods, strange foods and light foods. Fresh basil in the center on a plate sprinkled with paprika is a great presentation. Cooking is an artistic act. About table manners: personally forme, they must be followed. Enjoy the meal but with courtesy. To others, is always great welcome a glass of wine, red, sweet and exotic is my preference. To eat is a discovery. A moment to share.

4.12.08

Les Canadiens sont-ils individualistes?


Les Canadiens sont-ils individualistes? En d'autres mots, est-ce que les Canadiens, pour ne nommer qu'eux, sont-ils plus centrés sur leurs propres intérêts et nécessités que ceux de leur famille et amis? Sommes-nous mieux ou pire que d'autres sociétés ou cultures?


La famille


Au Canada, presque tous les jeunes quittent le nid familial au moment d'entrer à l'Université. Les conditions salariales favorables du pays favorisent les jeunes à trouver un emploi tout en faisant leurs études et payer le coût de leur logement. Premier pas hors de la famille... Dans les pays plus défavorisés, les enfants demeurent habituellement chez leurs parents jusqu'au moment du mariage. Mon impression est que cette unité est créée par la tradition, mais surtout par les conditions économiques qui ne permettent aux jeunes de louer leur propre appartement.


Contrairement à d'autres cultures et je me réfère surtout ici à la culture asiatique, les Canadiens respectent peu leurs aînés. La Chine pratique le culte des ancêtres, le Japon vénère les menthors. J'ai l'image grise de ces personnes âgées au Canada qui sont envoyés dans des centres de santé où ils reçoivent la rare visite de leurs enfants et petits-enfants. Pourquoi néglige-t-on aussi facilement nos parents? N'y a-t-il rien de plus précieux que les liens familiaux prenant leurs sources à la naissance?


La société


À l'opposé, j'ai l'impression que sur le plan sociétal, les pays économiquement développées sont beaucoup plus unies et moins individualistes. Ce que je crois est qu'étant une société plus égalitaire, les gens sont moins envieux entre eux que dans les pays où les classes sociales sont fortement marquées. En plus, étant des pays habituellement plus sécuritaire, il n'existe pas cette crainte, cette méfiance que l'on peut retrouver dans les pays plus pauvres où les vols et les fraudes sont plus communs.


J'ai deux anecdotes pour appuyer ce que je viens d'avancer. Je me souviens qu'adolescente, en 1996, il y a eu dans une région du Québec appelée Saguenay-Lac-Saint-Jean (Canada) un déluge important qui avait causé la mort d'une dizaine de personnes et causé plus d'un milliard de dommages. Par diverses campagnes, ce sont plus de 20 millions de dollars qui avaient été amassés avec la participation de tous les Canadiens. Je me souviens qu'une de mes tantes avaient décidé d'envoyer tous les meubles de son appart aux sinistrés et de se meubler à nouveau.


Avant de me rendre en Haiti en 2001, j'avais toujours pensé que les gens des pays pauvres étaient plus solidaires entre eux. Cependant, lorsque j'ai fait la route sinueuse dans un tap tap de Port-au-Prince à Jacmel, au sud d'Haiti, j'ai remarqué qu'un autobus qui avait perdu la route s'était retrouvé au fond d'un cap. Une fois, à Jacmel, un collègue haitien m'a raconté cet accident et j'ai donc appris que les Haitiens qui avaient été témoins de l'accident n'étaient pas venus en aide aux blessés. Non. Ils avaient plutôt voler tout ce qui pouvait se voler: l'essence, les pneus, les miroirs. Cette histoire m'a toujours bouleversée.