30.8.07

Le masseur-pêcheur de Oualidia

Il faut quatre heures de route en automobile pour se rendre à Oualidia, village côtier de l’Océan Atlantique comptant 4000 habitants. De Rabat, la capitale du Maroc, nous parcourons environ 300 kilomètres pour se rendre à ce bassin de l’ostréiculture. Nous faisons une pause pour un café cassé – café au lait marocain – et pour la prière du chauffeur, une des cinq prières quotidiennes obligatoires.


À 18h00, à notre arrivée à l’Hôtel Hippocampe, le soleil commence à décliner. La luminosité de la fin de la journée accroît la beauté idyllique de ce jardin intérieur. Ce jardin, dit andalou, sépare les chambres, situées à droite de la fontaine centrale, de la réception et du restaurant, à l’opposé. Il abonde de bougainvilliers, de roses, de géraniums en fleurs, de palmiers, d’hubiscus, de lauriers roses et d’autres espèces bigarrées. Des carreaux de céramique de couleur bourgogne accueillent nos pas. Ces céramiques en carré et au motif semblable à répétition m’étourdissent et m’obligent à mesurer mes pas pour ne pas culbuter dans une marche, construite de la même céramique colorée. Les murs sont peints de la couleur du sable. Les fenêtres, les portes et leurs contours sont bleus violacés.


Outre les chambres, l’hôtel dispose d’un restaurant et d’une terrasse. La pièce du restaurant, qui accueille aussi la réception, mesure sept-huit mètres de profondeur sur 10 mètres de large. Déjà, de l’entrée, les invités peuvent admirer l’Océan par la porte opposée, donnant sur la terrasse. Face à l’hôtel, un littoral nous sépare de l'Océan et une eau calme accueille les baigneurs. La marée basse durant le jour dénude la lagune. Le matin, un collègue et moi marchons sur la plage, encore calme. Dès 11h00, les Marocains en vacances envahissent la plage et les enfants pataugent, les ados jouent au ping-pong de plage, les musulmanes voilées et les hommes en maillot se baignent et transforment la plage en une marée humaine et de parasols.


De l’hôtel, après 30 minutes de marche sur la plage, la lagune nous précède. Les vagues de l’Océan fouettent directement la rive et des baigneurs s’amusent à affronter les vagues. Nous montons une butte dans le but de profiter d’un aperçu en hauteur de l’Océan. Au bout de la colline, nous découvrons donc un magnifique paysage, mais surtout un pêcheur et son campement pourtant invisibles de la plage. Instinctivement, je le salue en arabe, mais mes connaissances limitées m’obligent rapidement à lui demander :“anta barefta fransi?” – Connais-tu le français? Sans hésitation, il me répond dans un français bien maîtrisé.


Il se nomme Mostafa El-Faarsi. Il me dit qu’il pêche de la sard et de la sole en compagnie d’un second pêcheur. Ce dernier a déjà quitté la butte pour marchander leurs dernières prises. Les deux longues cannes à pêche sont braquées entre des rochers. Outre le métier de pêcheur, Mostafa a surtout le don de guérisseur hérité de son père. Il extirpe une minuscule bouteille d’huile d’argan des brindilles couvrants le dessus d’une étroite grotte. Cette grotte est son ère de repos. En m’invitant à sentir cette huile à l’odeur de noisette, il vante sa réputation de guérisseur connue dans le village. Il m’invite à un message thérapeutique. Je ne crains pas son offre étant accompagnée de mon collègue. Je me couche au fond de la grotte sur un tapis de lattes. À ma gauche, une radio joue les chaînes françaises et marocaines. À mes pieds, mon collègue est assis sur un siège de fortune. Mostapha enduit ses mains d’huile d’argan et commence le massage. Pour me détendre, je cause. Je lui demande s’il a des enfants. “Deux garcons, Amine et Mohamed”, me répond-t-il. “Avec un ou deux "m"?”, je lui demande. “Avec un “m”. Bien sûr, il souhaite leur léguer ce don qui, en effet, n’est pas bidon. Le massage terminé, je le remercie de quelques dirhams et regagne la plage.

hotelhippocambe@hotmail.com

- Photos : Julie Thériault, Oualidia (Maroc), 2007 -

29.8.07

Escale états-unienne


9 avril 2006. Jour de départ pour New York. Le voyage débute très tôt. Il est moins de 6h30 et j’ai accumulé moins de 5 heures de sommeil quand le réveil retentit. Malgré l’excitation, je ne me lève pas immédiatement. Ensuite, je mange mon déjeuner tout en lavant la vaiselle pour me reprendre de mes 10 minutes de paresse. Je me rends à la Pyramide. Mon pouce Allo-Stop a 15 minutes de retard. Je redoute qu’il ne se pointe pas car mon bus pour New York quitte Montréal à 11h45. En dernier recours, j’accourai à la gare d’autocars de Ste-Foy. J’arrive donc à Montréal, je prends le métro de la station Rosemont et je rejoins Frédéric à Berry. Dans le bus Greyhound, on se sent déjà dans l’atmosphère américaine.




Certains passagers sont si gros qu’il serait plus aisé de les escalader que de les contourner. Le nombre d’obèses est aussi élevé que tous ces casse-croûtes américains graisseux répartis le long de la route qui mène vers la Grosse Pomme. Étonnamment, aux douanes, les américains repoussent 3 hommes aux traits moyen-orientaux. On ne saura jamais pourquoi. The United States of America ne leur permettent pas de poser les pieds chez l’oncle Sam. Le conducteur a un fort accent américain et nul doute sur ses affiliations politiques : il partage allègrement les valeurs républicaines, par conséquent, restrictives. À la gare d’autocars d’Albany, notamment, capitale de l’État new-yorkais, il interdit Frédéric de me prendre en photo parce que… parce que quoi? Interdit par la loi bien sûr 3490-5/93… Ahurissant. Welcome to the States! God bless America and his President! Toutes ces restrictions, présentées comme nécessaires à une plus grande sécurité du territoire, ne sont que des fabrications politiques. Les citoyens sont inquiets et il est payant pour le gouvernement d’entretenir ces inquiétudes à l’aide d’alertes et d’adopter une panoplie de lois pour tenter d’augmenter le sentiment de sécurité. La culture de la peur, c’est prouvé, c’est payant! Mais en réalité, peut-on réellement suivre chaque citoyen? J’ose espérer que les Américains ne sont pas tous aussi dupes. Les mesures sont inutiles. Qui peut deviner les intentions d’un terroriste?

À Albany, le casse-croûte offre un menu élaboré de plats du terroir… La cuisson cause une fumée qui envahit l’air ambiant et s’incruste dans mes vêtements. Je suis dégoûtée à l’idée de flâner à l’intérieur du casse-croûte qui donne également sur une petite partie partie réservée aux machines à jeux violents. Et dire qu’il est interdit de photographier dans la gare. Le comptoir du resto s’allonge d’une vitrine de souvenirs. Je craque presque pour une horloge affreusement kitsch ornée d’un pygargue, dessiné de rouge et de bleu et marqué du « God Bless America ». Mais 10 dollars US, c’est exagéré pour rire un peu!

Nous attendons que les 30 minutes s’écoulent, assis sur des sièges de plastique noir agrémentés d’une petite télé. À gauche, l’entrée des toilettes annonce un lieu d’une salubrité douteuse. Plus loin, un corridor débouche sur des quais indiquant les départs et les arrivées de plusieurs villes : Philadelphie et autres. Qu’en sais-je? Dans une position de méditation, un homme discute assis avec son portable. La langue qu’il parle m’est inconnue. Par contre, curieusement, ses intonations me rappellent « L’enfant du Tibet ». Je revois le sang qui émerge du pourridge. J’ai un roulement d’épaule. Enfin, avant de pénétrer à nouveau dans l’autobus, le chauffeur s’interroge sur ma nationalité : « Tu es espagnole? », demande-t-il. « Heu…Non! » « Mais tu parles espagnol? », renchérit-il. J’avoue, stupéfaite. J’ai bien eu une courte converse en route avec Jeff au téléphone en espagnol, mais mon banc est bien loin de celui du chauffeur. L’éternel parano-américain aurait-il camouflé des micros dans son bus? Sinon, il a une paire d’oreilles bioniques!

Vers 20h00, du New Jersey, nous entrevoyons enfin une vue de Manhattan. Je fais la moue! « C’est ça, New York? ». Ce n’est que lorsque l’autobus emprunte la courbe de la route pour se rapprocher du Lincoln Tunnel que je constate l’ampleur de la ville. En terme de grandes villes nord-américaines, jusqu’à maintenant je n’avais visité que Montréal, Toronto et Calgary, bientôt une ville d’un million d’habitants. New York se dévoile comme un monstre, croulant sous les grattes-ciels et pétillant de lumières. Nous découvrons notre auberge par hasard sur la 63e rue, tout juste devant Central Park. Nous partageons une chambre avec 2 lits superposés, mais nous ne prenons pas la peine d’exiger une autre chambre à la réception : nous dormirons côte-à-côte dans la partie inférieure.




Malgré notre fatigue, nous quittons l’auberge pour découvrir le Times Square. À population égale, Moscou est beaucoup plus fade que New York un peu comme si on comparait un verre d’eau d’une sangria. Je ne dénigre pas Moscou; c’est New York qui fait dans les extrêmes : colorée, lumineuse, en effervescence, surpeuplée. Le Times Square, quant à lui, symbolise le capitaliste avec ses publicités infinies, omniprésentes, innombrables, gigantesques. Wow!

Nous mangeons une pointe de pizza. Un vieil asiatique, tenant d’un dépanneur, me dit dans un anglais difficilement compréhensible, que je ressemble à une actrice italienne, Gina quelque chose... Lolobrigida, une fameuse actrice de l’époque de Sophie Loraine, âgée maintenant d’environ 75 ans. Nous faisons un saut pour attenidre le Grand Central Terminal dominé derrière par un impressionnant édifice noir juché par l’insigne MetLife. En 1991, le logo de cette compagnie américaine d’assurances a remplacé celui de la défunte Pan Am.

Le lendemain matin, Frédéric propose de se rendre à Brighton Beach, le bastion de la mafia russe en Amérique. Dans le métro, plus nous nous approchons de l’endroit, plus les passagers possèdent les traits et l’allure typiquement russes. À l’extérieur de la station, le cyrillique domine l’anglais. Brighton Beach porte bien son nom; il y a effectivement une plage, plutôt propre pour une île comme Brooklyn. L’interminable trottoir de bois qui longe la plage rappelle, quoique beaucoup plus étendu, la terrasse Dufferin à Québec. Frédéric récolte quelques coquillages, vestiges de mollusques. Les gens parlent russe. Ils sont en effet russes de première ou deuxième génération. Les Russes ont coutume de boire le thé avec des confiseries. Ils en ont des délicieuses : nous achetons des raisins secs et des amandes trempés dans le chocolat. Nous longeons donc l’Atlantique jusqu’à Coney Island pour reprendre le métro.




Nous nous arrêtons à la station la plus près du pont le plus fameux de New York : Brooklyn. Légendaire, charmant et authentique, les voies des automobiles sont séparées par un chemin réservé aux piétons et aux vélos. La traversée du pont fait une trentaine de minutes d’un pas régulier. Ensuite, nous gambadons près du port. Nous y reviendrons pour visiter l’exposition des corps de Gunther Von Hagens, inventeur de la plastination (à suivre…)




Le lendemain matin, mardi, nous devons demeurer près de l’auberge pour changer de chambre à 11h00. Nous déjeunons dans Central Park pour ensuite l’arpenter. Ce vaste espace vert a une valeur inestimable au cœur de cette ville où l’on se demande comment des grattes-ciels peuvent encore prendre racine. Après l’obtention de notre nouvelle chambre au lit unique, nous retournons dans le Central Park et Frédéric prend de nombreuses photos. Nous marchons tranquillement en destination du Musée Guggenheim. Je connais l’architecture originale qui caractérise les trois musées Guggenheim. Je constate, déçue, que toute la façade extérieure du musée est en rénovation et donc cachée par de larges toiles opaques. Nous rebroussons chemin. Nous dînons dans un casse-croûte fameux. Le Lonely Planet n’a pas menti : les murs sont tapissés de photos encadrées exposant plusieurs artistes aux bras du propriétaire. D’ailleurs, celui-ci se trouve justement devant nous armé de gants de plastique, lunettes graisseuses sur le nez, tournant et retournant les « trans » de steak haché sur la plaque, espérons, non contaminée. Je prends un cheeseburger et Frédéric choisi un burger sans relish. Je suis heureuse de m’éclipser de cet endroit qui regorge de gras. Digne de mention, la collection de produits de Coca-Cola dans la vitrine du resto. Impressionnant!



L’autre côté de la rue, un gros camion complètement couvert de feuilles d’aluminium. Le véhicule est inusité, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais c’est cela New York, des objets et des événements uniques et inattendus. Nous marchons lentement vers le siège des Nations Unies. Nous y avons rendez-vous qu’à 15h00 avec un producteur web, employé de l’organisation mondiale.

À notre arrivée aux Nations Unies, Frédéric appelle sur un téléphone interne l’autre Frédéric. Il nous rejoint 5 minutes plus tard. Nous nous promenons dans les coulisses de l’établissement légendaire. Les salles, nombreuses fois vues à la télé, sont un charme à regarder en réalité. Ses murs, ses sièges, ses écriteaux identifiant les noms de pays, dégagent une sagesse et une noblesse digne des idéaux qui y sont négociés.




Dans la salle réservée pour les points de presse de l’organisation, rapidement, je m’assoies. Frédéric m’immortalise sur le fauteuil de cuir prestigieux. À l’ONU, la décoration et le mobilier sont tellement vieux que certains meubles ont eu le temps de faire le cycle de la mode et de redevenir attrayants. La salle de repos des diplomates est empreinte d’une forte odeur de fumée de cigarette. Elle était devenue zone non fumeur pour respecter les lois en vigueur de la ville de New York jusqu’à ce qu’un diplomate russe défie Kofi Annan de l’arrêter dans cette enclave internationale… Des cadeaux de tous les pays sont répartis ici et là à l’intérieur de l’établissement. J’apprécie particulièrement le cadeau offert par la République islamique d’Iran : des représentations des derniers secrétaires généraux onusiens sur des tissus. Sans surprise, le Canada a offert une sculpture inuit « sur fond de répressions autochtones et de réclusion en réserves ». Notre guide parie qu’un asiatique succèdera à Kofi Annan en décembre, faute d’absence de candidats intéressants originaires de l’Europe de l’Est, région qui aurait été favorisée par plusieurs membres votants.


Rockefeller Plaza. De nombreux patineurs attendent la fin de la parade de la Zamboni sur la patinoire fameuse et agréablement éclairée. Frédéric prend une dizaine de clichés de moi devant les riches vitrines exposant la garde-robe du chanteur homosexuel et excentrique, Elton John. Il vend ses vêtements aux enchères et les profits récoltés combleront les coffres pour sa Fondation contre le sida. Chaque vitrine illumine d’une couleur distincte jaune, rouge, violet et bleu un thème précis d’une partie de sa garde-robe.

Le lendemain, de retour dans le port pour l’exposition des corps de Von Hagens. Le prix : 24 $ US. Mais cela en vaut le coût d’admirer, souvent la bouche crispée, « les étranges œuvres » de cette sommité mondiale allemande en plastination. Les pièces sont divisées par thème : les muscles, les tendons, l’obésité, le système reproducteur, la grossesse, les artères et les veines, les maladies, etc. Difficile de croire que les squelettes musclés exposés, ce poumon cancéreux ou ce vagin solitaire proviennent d’être humains consentants. Je suis intriguée et pas nécessairement dégoûtée, entre autres, par un fœtus de 12 semaines de gestation. Il est petit comme ma gomme à effacer. En fait, le fœtus atteint un développement harmonieux de ses organes et de ses membres qu’à la 30e semaine de gestation. Il croît donc énormément durant les deux derniers mois de la grossesse. Loin de choquer, comme un avertissement l’indique à l’entrée, l’exposition des fœtus enseigne.


À la sortie de l’exposition, nous mangeons un shish taouk coulant et délicieux pour ensuite tenter une visite à la Statut de la liberté. Une fois à destination, la Statut est bien visible de loin, son bras levé bien haut. Malheureusement, il est trop tard pour effectuer la traversée en bateau. Et puis, à la vue de ce traversier bondé de touristes - à l’image d’animaux en cage à la recherche d’un peu d’air - , toute envie de visiter la fameuse statut s’estompe. J’ai plutôt du plaisir à m’arrêter devant un kiosque de grosses lunettes de marques contrefaites et de casquettes à l’effigie d’un pygargue et du drapeau américain.



Nous sommes ensuite attirés par une massive sculpture d’un autre pygargue, une œuvre dédiée aux victimes lors de la Deuxième Guerre mondiale, évanouies au creux des eaux atlantiques. D’immenses blocs rectangulaires de granit gravés étale religieusement des noms des victimes : plus de 5 000.

Retour précipité à la superficialité, je découvre Bloomingdale et ses parfums. J’hésite longtemps devant un parfum Escada à l’essence de pamplemousse. Frédéric me le promet seulement pour mon anniversaire en juillet. Devant ma déception perceptible, la grande vendeuse aux allures slaves sermonne Frédéric : « Oh! Come on! She wants to have it now! », lance-t-elle indignée, les yeux mi-clos, la bouche en cul de poule. Quand je repense à sa maxillaire inférieure qui pend et ses yeux globuleux, insistant longuement sur le « Now! », je rigole. Le magasin Bloomingdale est extrêmement fancy et renommé. Ici, toutes les grandes marques telles Gucci, Versace, Prada se disputent l’espace. Je rentre dans une boutique et je feins, mais sans y croire, que : « ce sac à main n’est pas tout à fait pas à mon goût! » Pourquoi fantasmer sur cette sacoche que je ne peux m’offrir anyways! L’escapade dans les magasins se poursuit. La boutique de NBC rivalise d’imagination pour créer une incroyable variété de produits dérivés : boîtes à lunch, crayons, calculatrices, chandails, tasses, etc, tous à l’effigie d’émissions connues.



En route tranquillement vers l’auberge, nous croisons la Tour du milliardaire Donald Trump. L’édifice étant ouvert au public, nous y fouinons. Une photo de Donald et de sa charmante et pulpeuse épouse est exposée dans le vestibule. Quel superbe toupet et quel sourire narquois : « regardez comme il est facile d’engranger des milliards! Qu’attendez-vous pour faire de même? Vous, qui arrivez à peine à joindre les deux bouts, vous aussi pouvez réussir bande d’ignares! » Un affreux personnage, mais néanmoins, il étreint une superbe mannequin d’une quarantaine d’années sa cadette.

Enfin, nous déposons nos sacs à l’auberge, accumulés en magasinant. Nous nous éclipsons rapidement à nouveau. À 20h30, Nous rejoignons un new-yorkais, connaissance de Frédéric, rencontré au Costa Rica. Le repas n’est pas génial, un typique repas américain à l’assiette gigantesque. Nous prenons le dessert plusieurs stations de métro plus loin, au Junior’s, dans Brooklyn, quartier d’enfance dudit Américain. La réputation des gâteaux au fromage de ce resto est reconnue autant par les guides de voyage que par les citoyens. Nous quittons le resto et notre hôte vers minuit. Nous rejoignons notre chambre pour une dernière fois.

Le lendemain matin, à la suite des conseils du chauffeur d’autobus excessivement parano, nous quittons tôt : « Il vous faudra arriver 2 heures avant l’heure de départ! », avait-il dit. Nous retournons au Rockefeller Plaza : Alessandra Benedicty, conseillère à l’éducation à la DGQNY, m’attend pour 9h00. Nous obtenons nos laisser-passer à la réception du premier étage et un agent de sécurité « indispensable » glisse les cartes pour nous au tourniquet. « Merci! Merci! » La Délégation est au 26e étage. Alessandra m’accueille plus que chaleureusement. Je visite brièvement la Délégation et l’image que j’en avais se matérialise soudainement. Je croise le délégué général, Michel Robitaille, mais il semble si occupé et/ou préoccupé que je n’ose pas demander à Alessandra si je peux le saluer. Notre visite se termine dans la salle des réunions/conférences qui donne sur une large vitrine. New York est superbe. Alessandra placotte beaucoup, son regard portant de tant à autre sur l’immensité et la hauteur des grattes-ciel. Nous devons couper court à la converse pour s’assurer de ne pas manquer le bus vers Montréal - illusion parano psychotique du chauffeur d’autocar de droite américaine- . Je laisse mon courriel à Alessandra et je suis heureuse de mon passage à cette grande Délégation, une des plus importantes des représentations du Québec à l’étranger.

Nous marchons donc rapidement jusqu’à notre point de départ de dimanche dernier, soit la station Penn. Nous arrivons pratiquement au pas de course dans une file de… deux, trois personnes. Nous avons amplement le temps de faire des courses pour obtenir de quoi se gaver, car, aux États-Unis, on ne mange pas, on se gave. Nous partons à l’heure prévue dans un autobus mi-plein. Il aurait été encore moins rempli n’eut été de ces gros américains et de ces grrosses américaines qui ne prendraient pas deux bancs chacun. La route est longue. Le chauffeur semble à peine atteindre les 80 km/hr. Aux douanes, l’attente est une nouvelle fois interminable. Cette fois-ci, il n’est pas question de peau basanée et de yeux et de cheveux foncés, sinon que d’une grosse américaine avec des valises à son image. Enfin, le retour à Montréal est une bénédiction. À Montréal, la gare craque de voyageurs. Les files d’attente s’entremêlent et les voyageurs se bousculent. La file la plus imposante est celle à destination de New York. L’engouement des Québécois pour cette ville à la dimension surhumaine est palpable. Outre le climat plus clément, ils casseront leurs œufs de Pâques à la parade multiethnique de la mégapole. Ah! Le melting-pot américain!

- Photos : Frédéric Tremblay, New York, 2006 -

Le désespoir des tropiques


People everywhere: different, poor, noisy people
Mouldy air, dirty streets, dark clouds
Unsupportable warmness, difficult breathe, heavy steps
A lost dog, a lonely man, a child playing with rocks
Sand crunches, palm leaves dance, waves go and return
Taste sea salt on shrimps, sweet coconut in Margarita, sour of lime spread on fish
Smell the smoke of burned tortillas, the cacao of hot chocolate, the aggressive spice of salsa

- Photo : Julie Thériault, Parque Tayrona (Colombie), 2008 -

Intermède à Paris

Je suis arrivée à Paris, ville nommée de lumière. Il est 8h15 du matin, mais la gare d’Austerlitz regorge d’activité. Le sac imposant sur mes épaules frêles pèse quelques 20 kilos. Un homme français d’une trentaine d’années m’aide à enfiler les gances de ce sac sur mes épaules. Je le remercie d’un "gracias" timide. Je n’y peux rien : j’ai l’espagnol plein la tête. Comment espérer perdre cette habitude de l’usage de cette langue en moins d’une journée?

À 11h20, mon avion s’envole. Mais le temps passe vite. Je dois m’orienter et demander le trajet pour me rendre à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, et ce, maintenant, sans perdre un instant. Le métro de Paris est gigantesque. Je connais un peu le métro de Montréal. Il a 4 lignes. Celui-ci en fait des dizaines. Au guichet, la commis dessine un plan du trajet à suivre. Je titube le plus vite possible. Ce lourd sac me désespère. Je crois que mes épaules se mutent en goglus trempés dans le thé. Je suis « une pauvre fille qui fait pitié ». J’ai la tension imposée par le temps.

Une fois dans le métro, je m’assure de la direction prise. À la reconnaissance de l’accent québécois, une femme me dit bonjour. Son mari est québécois. Jovial, un second renchérit : « la cousine! ». Ça allait jusque-là, mais il ne manquait plus qu’il commente mon accent en le comparant au français parlé en Normandie il y a deux siècles pour que je m’énerve! À l’exception de la langue, les québécois n’ont rien à voir avec les français. Et encore! Ils font mine de ne pas comprendre et prendre des airs d’institutrice offusquée dès qu’un mot leur échappe. De dire étiquette, plutôt que label; thé glacé, au lieu du iced tea; tapis, pour pointer une moquette, bref en plus de ne pas saisir l’ensemble de la phrase, de s’arrêter, de rire et de nous reprendre, ils sont les ambassadeurs en leur pays de l’anglophilie la plus pure. Leur chauvisme leur permet de penser que nous sommes les cousins, alors que pour quelques cailloux dans les Caraïbes, les canadiens-français sont devenus le butin des anglais. Maintenant que les 7 millions de francophones nord-américains devraient continuer à se reproduire et encourager une immigration francophile ou, au mieux, francophone, et ainsi survivre de l’étau anglophone, nous remercions le lobby du sucre d’avoir insisté pour délaisser les Caraïbes. Quel malheur, ce serait, un Québec département outre-mer français! Horreur! Et puis, nous sommes des Américains nous exprimant en français. Pas des Européens. « Je ne suis pas la cousine… »

Je descends du métro pour continuer dans un train de banlieue. Une fois encore, je ne suis certaine de rien. Un bel homme se trouve à mes côtés et je profite, sans honte, d’un moment d’ignorance pour lui demander cette information… qui me manque… nécessaire… au bon déroulement du petit voyage. Il est poli, charmant et cordial. Je me surprends à me demander si mon image sera gravée dans sa mémoire comme la sienne sera imprégnée dans mes souvenirs du train parisien.

Je rencontre une Espagnole, une madrilénienne, je pense : elle prononce « madrizz ». Elle se rend à l’aéroport et son vol est en direction de la capitale. Il n’y a pas que moi qui subit le trac de l’incertitude : ajouté au fait qu’elle ne parle qu’espagnol, elle ne se retrouve pas dans le grand Paris.

Un gitan entre dans le train. Accompagné de tout un attirail pour interpréter des chansons, il commence sa prestation. Il nous cassent les oreilles. Il quémande tout de même plus honnêtement que ce garçon postés au stationnement El Corte Inglès, à Alicante, pour informer du bris de la machine de billet de stationnement, une information connue de tous. Il réclamait quelques pesetas en échange de ce soucis de l’autre déguisé.

À 20 minutes de train de Paris, la stature d’un des plus imposants aéroports au monde se dévoile enfin. À la dernière station, la mienne, je souffre du poids humide des particules d’air incrusté dans le wagon. Divine libération d’enjamber la porte et de m’extirper de cette chaleur. La madrilénienne suit mon pas. Une fois un kiosque d’informations déniché et les renseignements désirés obtenus, on se lance un bref "adios" et "buen viaje", toutes deux pressées par le temps. Je cours jusqu’au bureau d’enregistrement des bagages. Mon sac à dos est pesé et il fait 20 kilos. Bien heureuse de le voir rouler sur le tapis et déguerpir. Je disparaîs ensuite à la salle de bain. Dans un des cubicules des toilettes, je délaisse mes souliers sports, mes pantalons amples et ma chemise mal ajustée pour du linge plus élégant. Mes cheveux emmêlés sont démêlés, mes aisselles disparaissent sous une avalanche de déodorant, je rafraîchis mes poignets et mon cou d’un parfum discret, et je colore mes lèvres de gloss transparent. Je pousse le loquet en prenant une profonde inspiration. Je me regarde dans le miroir en glissant ma main dans mes cheveux pour les gonfler sauvagement, sur le dessus de ma tête, et je rejoins mes cheveux par ma pince habituelle.

Je me sermonne, car j’ai l’habitude de courber le dos sous le poids de mon énorme sac et je veux me tenir droite. Je me sens légère. D’un pas cavalier, je masse une épaule et lis, empressée, les affiches indiquant le chemin jusqu’à ma porte d’embarquement. J’y suis. Au centre, en face de la porte d’embarquement, un comptoir circulaire. Je m’adresse à une madame du comptoir. Elle me regarde désintéressée. Mon billet est « ouvert ». Elle me dit : « attendez. Nous vous appellerons au micro si une place se libère. » Ça ne me convient pas évidemment. Son manque d’intérêt m’agace. Et puis, je veux savoir si je peux retourner au Québec au plus sacrant. Ça y est : je suis nerveuse. Je m’assoies et attends. Mes jambes se balancent. Quelques secondes. Quelques minutes. « Si une place se libère… Si une place se libère ». Attendre le prochain vol et peut-être le suivant, dormir à l’aéroport, me nourrir dans les restos de l’aéroport, me tourner les pousses durant des heures… J’ai envie de pleurer devant l’assemblée de passagers. Et puis merde, j’apostrophe un autre commis, de l’autre côté du comptoir circulaire, un homme quinquagénaire. Je me présente amicale. Voici le prétexte : « monsieur, vous voudriez svp vérifier si mon billet est enregistré. SVP. » J’ajoute explosive : « Je dois embarquer sur ce vol! Ça fait 8 mois que je suis ici, en Europe, en Espagne. SVP! … Pardon… Monsieur. » Je m’arrête, les sourcils crispés, la bouche en rictus. Il reste perplexe un instant, se tourne vers son écran et tape sur le clavier. Il arrête de taper. Me regarde à nouveau : « Pour mademoiselle, une classe affaire, ça ira? » C’est sûr, je l’aime, cet homme. Le billet en main, je le salue de l’autre d’un sourire pimpant. Toutes mes dents y sont et mes yeux, naturellement en amande, sont bridés d’extase.

Je présente mon billet à l’hôtesse, sa machine l'avale et elle me remet le bout épargné. Je gambade presque dans le corridor vers l’avion. Mon allégresse est au summum : je traverse le tunnel du retour. Je m’apaise, les hôtesses-barbies arborent un large sourire et me pointe mon chemin. Je m’assis à mon siège spatieux de la classe affaire. Je m’introduis à mon voisin. Je bredouille quelques mots en anglais pour parler de température, de glace (hielo) comme si c’était du jaune (yellow). Ça va, je réussis à maintenir une courte converse en anglais et de comprendre sa présentation : « I am Canadian. I have just finished a long trip around Europe… » Je conclues qu’il a des sous. Il est jeune : je crois qu’il s’offre cette expérience sur le porte-feuille de ses parents. Mais je m’en fiche et j’épuise mon vocabulaire rapidement alors je plonge dans mes occupations à la suite de cette confusion esfranglish... Sinon, le vol fait 8 heures et le service est excellent. Je suis cassée et l’alcool est gratuite : j’aurais pu boire jusqu’au coma éthylique si j’avais fait la fête comme un italien vers l’Ïle-de-la-Réunion - Une collègue m’a raconté cette péripétie : un jeune italien en coma éthylique a forcé un vol de Paris vers l’Ïle-de-la-Réunion à se poser d’urgence en Sardaigne. Pour réussir cet atterissage rapide, l’avion a dû déverser son essence et dévier son trajet. Les ambulanciers attendaient le jeune homme sur la piste. Les avocats d’Air France peut-être aussi… -, mais je ne supporte pas l’alcool sous la pression atmosphérique. J’écoute des bribes de film sur ma télévision personnelle et deux sont québécois. L’accent québécois me surprend : je l’avais presque oublié. Le vol est paisible. Les heures filent, le jour perdure dans le hublot. À l’aéroport à l’Ancienne-Lorette, je ne retrouve plus mon plus petit sac. Ils l’ont égaré. C’est décevant, mais une fois la technicalité réglée, je m’en soucis peu. Aurélie vient me prendre avec un ami. Elle a les cheveux noirs et courts maintenant. Elle faisait un cours de coiffure pendant que j’étais en Espagne. Le soir, je visite ses nouveaux amis. Je jase avec un mec en particulier : il est blond et aux yeux bleus, décontracté et souriant. Il est intéressé. Je ne le connaissais pas, mais je connais bien sa sœur qui a mon âge. C’est un point en commun. Je serai en amour avec lui quelques semaines plus tard. Mais j’irais en Ontario d’abord et nous nous retrouverons ensuite, et ce, pour les 6 années suivantes.

Le sort d'une pétale

« Il a bu. Il n’a pas bu. Il a bu. Il n’a pas bu… »

Les pétales de marguerite tombent à mes pieds. J’ouvre la porte. Tout est silence, à l’exception du ronflement de mon père. Je suis certaine à présent que la marguerite m’a dit vrai : il a bu. Il est dans le salon sur le divan. Il dort sur le dos avec tous ses vêtements. Il a même conservé ses grosses bottes grises. Je m’assoies à ses pieds pour les lui enlever. Un mince filet de salive glisse de ses lèvres entrouvertes. Il a renversé une bière sur la carpette beige : ça empeste l’alcool. Je veux écouter mes émissions, mais j’ai mal au cœur. Le pire est que même si je voulais vomir je ne pourrais pas : j’ai un nœud dans la gorge. La tristesse m’étrangle, tout comme le désespoir et la rage. Je veux lui prendre les épaules, le secouer et lui crier : « Arrête de ronfler! Je te déteste! Pourquoi tu me fais ça? J’ai honte de toi! J’ai honte d’inviter des amis ici! Ça pue la bière! Ça pue la cigarette! Jamais tu vas comprendre! Jamais! » Je pleure encore. Je pleure tout le temps. Je barbouille mon visage de larmes. Je regarde mon reflet dans l’écran de la télévision. Je suis laide. Je me déteste. Je ne veux plus de cheveux et des yeux bruns marde. Ils crient la détresse.

J’ouvre la porte. Ça sent les tomates, les piments et les oignons. Les yeux me piquent. L’odeur se prend dans mes narines. Mon père est saoul. Il fait à manger. Il parle fort. Il dit des niaiseries. Il est niaiseux. Il parle de Jésus et de Saint-Pierre. Il sait par cœur sa bible. Il me casse les oreilles avec la religion et aussi avec le Léo Ferré qui joue fort dans la cuisine. Je tremble. Je vais dans ma chambre et ferme la porte. Je rejoins mon chat. Il dort, mais je peux le réveiller : il ne griffe pas. Il est doux. Je couche ma tête sur l’oreiller. Brusque, mon père ouvre la porte. Je roule des yeux. Il dit qu’on ira en Floride durant les vacances de Noël voir Disney. Je ne le crois pas : c’est des menteries, des fausses promesses. Comme dirait maman, des promesses de crisse de saoulon. Je bouche mes oreilles et ferme mes yeux. Il va bien finir par comprendre que je veux qu’il se la ferme! « Vas donc te coucher! » Il ferme la porte.

24.8.07

Elche, Espagne :: 200 000 palmiers, 200 000 habitants

Nous sommes un samedi matin de juin. Ce sera encore une journée chaude et sans pluie au coeur de la communauté valencienne espagnole. Cette région orientale de l'Espagne longe la mer Méditerranée. Son climat, adoucit par la mer, est pourtant aride. Tellement aride que Maria del Mar, une Espagnole de cette région, raconte que certaines compagnies de voyage européennes font la promotion de la région en promettant un voyage sans pluie ou argent remis! Le sol est sablonneux et accueillant pour les cactus.

J'accompagne un groupe d'Espagnols à Elche - à prononcer comme le fameux Che - à une trentaine de minutes en autobus de la capitale valencienne, Alicante. Les Espagnols voyagent beaucoup dans leur pays: ils apprécient ainsi leurs paysages, leur histoire et leurs habitudes culinaires variés.

Elche à quatre attraits principaux. D'abord, cette ville de 200 000 habitants, troisième en importance dans la province, possède le plus grand regroupement de palmiers sur le continent européen, soit 200 000, nombre égal à sa population. En 2000, l'UNESCO a déclaré l'ensemble des palmiers d'Elche, qui arpentent la ville sur une superficie de deux kilomètres de large sur un kilomètre de long, patrimoine de l'humanité.

Ensuite, Elche a été le terrain d'une découverte extraordinaire et fortuite en 1897. Un jeune cultivateur a heurté de sa bêche un buste du temps ibérique, soit bien avant le passage des Romains sur la péninsule, il y a deux mille ans. La trouvaille, nommée par les archéologues Dama de Elche, pourrait en fait représenter aussi bien un sacerdoce qu'une dame. Le buste est exposé au Musée Prado à Madrid, mais Elche tente de rapatrier la pièce originale actuellement substituer par une réplique qui tente de faire foi à l'histoire.

La visite des bains arabes est aussi incontournable. Ils sont l'héritage du passage des musulmans avant qu'ils ne soient expulsés de la ville par le roi de Castille en 1270. Bien que ces bains ne soient pas les seuls de ce type, ils se démarquent par leur exceptionnelle conservation.

Enfin, de passage les 14 et 15 août, des chants religieux en l'honneur de la ville sont récités dans une langue mystérieuse d'origine médiévale, et ce, depuis la fin du quinzième siècle.

23.8.07

House of no more, un théatre réinventé

Les acteurs performent devant nous en simultané sur la scène et des écrans. Par l'entremise d'une caméra, leur image est projetée sur deux écrans. Le visionnement du film est une tromperie continuelle, telle le cinéma et les publicités, emplis d'effets spéciaux.

À l'écran, une femme regarde par la fenêtre d'une chambre d'hôtel. La prise est de l'extérieur. Sur la scène et face à la caméra, l'actrice retient le rideau de sa main droite; un minuscule rideau, en fait, maintenu par un second acteur sur le coin de la caméra.

Le spectacle House of no more de la troupe newyorkaise Big Art Group regorge de scènes ainsi illusoires. Le spectacle est dynamique. La finale est effrénée. Les costumes et les maquillages sont caricaturaux. Une parodie enlevante du monde télévisuel quotidien et de l'omniprésence des sons.

http://www.bigartgroup.com/honomo.htm